Maintenant plus de trois semaines que je suis au Burkina
Faso et enfin de vraies nouvelles… Bon c’est pas que je vous néglige, mais
j’attendais d’avoir des trucs intéressants à raconter. Comme mes premiers jours
à Ouagadougou ont été plutôt tranquilles dans la routine de la petite vie
familiale de Karim, ben je vous ai épargné les détails. Et je vous avoue que
même installée à Banfora depuis presque 2 semaines, mon stage commence très,
très tranquillement, au rythme africain quoi !
Donc voilà pour les nouvelles des dernières semaines, un roman fidèle à mes habitudes. En espérant que ma vie routinière ne soit pas trop ennuyante. J’attends les anecdotes croustillantes et je me ferai un plaisir de vous les partager.
D’ici là n’hésitez pas à me donner des nouvelles ou à consulter le blog pour la reconstruction de la maison de mon ami IB qui nous a d’ailleurs fait une petite visite surprise à Banfora la semaine dernière. Il a déploré la petite taille de notre table et va sans doute nous en construire une plus grande sous peu ! haha ! Il va très bien et était trop reconnaissant pour le blog. Je vais le mettre à jour tout à l’heure avec ses nouveaux projets dont il m’a fait part. Voici donc le lien encore : toussiana4419.blogspot.com
Gros bisous à tous. Je vous envoie plein de soleil pour encourager le printemps à s’installer.
Mais revenons en arrière un
peu : j’ai quitté Ouaga vers ma nouvelle vie dimanche il y a 2 semaines.
J’ai d’abord fait un dodo à Bobo-Dioulasso, deuxième ville en importance au
Burkina Faso, située à une centaine de km de Banfora, mon nouveau chez moi.
C’est aussi à Bobo (diminutif de Bobo-Dioulasso que j’utiliserai à présent dans
tous mes messages question de simplifier le tout) que se situe le siège de
l’organisation qui me reçoit, GE-eau ou l’APEFE, c’est encore un peu confus,
mais les 2 sont financés par la Belgique. On a été accueillis à la gare par
Joost, un sympathique flamand qui sera mon boss et coordonnateur de stage. Il
nous invite un peu chez lui et on fait la connaissance de ses adorables petites
filles métisses qui n’ont vraiment pas leur langue dans leur poche :
« Mon papa il sait parler toutes les langues, allez papa, parle
chinois ! », « voici le calendrier des activités que l’on fera
quand on ira chez nos grands-parents : pic-nic, vélo, balade en forêt,
etc. » ou alors « vous n’êtes pas mariés ! Pourquoi ? Où
est-ce que ce sera ? Nous on va venir ! »… haha ! très
divertissantes en tout cas les petites.
Après une journée et soirée
tranquille à Bobo chez un ami de Karim, on part vers notre nouvelle maison pour
les 4 prochains mois, escortés par Joost, son chauffeur et un gros pick-up de
projet transportant tous nos biens : un frigo, un poêle au gaz, une
bonbonne, un matelas, une table et 2 chaises, le nécessaire quoi ! En
fait, un vrai luxe comparativement à ce que j’avais dans tous mes séjours précédents.
Et honnêtement, notre maison est parfaite ! C’est tout neuf, nous sommes
les premiers à y habiter. Elle est plutôt grande : 2 chambres, un grand
salon-salle à manger, une cuisine et 2 salles de bain, un grand 4 ½ selon nos
repères québécois. Mais le tout paraît encore plus grand considérant qu’on n’a
aucun meuble… Nous sommes dans la même cours qu’une famille de burkinabé,
presque plus française que burkinabé. La mère est originaire de Banfora et
depuis sa retraite, elle construit des maisons, mais ses enfants ont tous
grandi et habité toute leur vie en France et sont seulement ici en vacances. A
la mi-fin juin, ils rentrent tous en France et nous serons seuls dans la cours.
Mais honnêtement, ils sont très gentils et pendant les quelques jours où Karim
s’est absenté, ce fut génial d’avoir un peu de compagnie. Madina, la Parisienne
au sang burkinabé m’a fait découvrir les coins sympas de Banfora et m’a aussi
accompagné pour ma première aventure au grand marché ! Autre élément
essentiel à mon confort, il fait BEAUCOUP moins chaud qu’à Ouaga. On est
sincèrement très bien et j’arriverais même à dormir sans ventilo. Mais bon,
comme on a des ventilos dans chacune des pièces de la maison, on se permet
aussi ce luxe !
Sinon, petite tranche de vie
comique. Première soirée à Banfora, on a juste eu le temps de faire le ménage
et de s’installer un peu mais on n’a pas le courage de cuisiner donc on se
cherche un coin pour manger. On cherche un peu et on s’arrête à un endroit où
il semblait y avoir assez de gens pour que ce soit bon. Une grosse dame (les
gens appellent même le coin, « chez la grosse » !!!) qui prépare
le poulet et le poisson braisé comme on les aime. On s’assoit là par pur hasard
à côté de 2 filles blanches et d’un mec à rasta. On trouve la situation
comique, mais encore plus quand j’entends leur accent québécois ! Première
soirée à Banfora et je tombe sur 2 coopérantes d’Oxfam Québec, dont une a fait
la maîtrise en environnement à Sherbrooke, une session d’échange à Arlon en
Belgique et a un copain africain rasta… LOL ! Le monde est trop petit. Les
filles sont vraiment sympathiques, Karim s’entend aussi très bien avec le
camerounais rasta, et on s’est déjà revus quelques fois.
J’adore Banfora… une petite ville
franchement plus grande que je croyais, que je parcours sur ma monture, soit ma
mobylette ! haha ! Et oui, je conduis maintenant une petite moto.
Comme Banfora est assez grande, me rendre au boulot à pied aurait été faisable
mais compliqué, mais comme je vais devoir aller beaucoup sur le terrain, j’ai
besoin d’un moyen de transport. Mais ne vous inquiétez pas, je suis très
prudente et je porte mon casque en tout temps ! Côté boulot, ça va, mais
tranquillement. Ma première semaine a été une formation sur le logiciel de
système d’information géographique ArcGIS avec lequel j’aurai à travailler
beaucoup dans le cadre de mon stage. J’assistais en fait à la formation offerte
par le projet GE-eau auprès des différents acteurs du bassin versant de la
Haute-Comoé. Il y avait donc différents représentants des Directions régionale
et provinciale de l’eau et de l’agriculture (très récemment séparé en 2
ministères donc je ne sais plus exactement qui est dans quelle Direction entre
hydraulique et agriculture), des agents du périmètre agricole irrigué, un
représentant de la compagnie de sucre SOSUCO qui prend une bonne quantité de
l’eau des réservoirs pour sa production, etc. Ma présence fut donc surtout
pertinente pour connaître les gens avec qui je travaillerai plus que pour les
apprentissages que j’ai faits car je connaissais déjà assez le logiciel. Mais
ma 2e semaine a été encore plus tranquille. Disons que mis à part la
journée sur le terrain que j’ai fait avec Joost pour connaître l’étendue du
territoire du bassin versant et les endroits où on ira installer les stations
hydrométriques, ça a été trop tranquille. Les stations vont servir à connaître
le débit et la hauteur d’eau de la rivière afin de calculer approximativement
la quantité d’eau avant la prise d’eau par la compagnie sucrière et pour les
usages domestiques de Banfora, après la prise d’eau mais avant le périmètre
agricole et enfin après le périmètre. Le but de mon stage est d’essayer de
cartographier toutes ces informations et de développer des outils pour
permettre au périmètre agricole de savoir un peu plus précisément la quantité
d’eau dont il dispose pour l’irrigation. Mais je vous avoue que c’est encore
très flou. L’équipe de GE-eau a réalisé un projet similaire dans le passé pour
le bassin du Kou dans la région de
Bobo-Dioulasso, et considérant l’efficacité du projet, l’Etat s’y est
intéressé et a voulu développer les mêmes outils pour le bassin de la Haute-Comoé.
Les gens de la Direction régionale de l’agriculture ici à Banfora travaillent
un peu sur le projet, mais l’équipe principale est basée à Bobo-Dioulasso. A ce
que je comprends, je suis un peu comme les yeux de l’équipe de Bobo sur le
terrain. Mais pour le moment, je m’invente encore un peu des tâches, soit
apprendre à manipuler encore plus ArcGIS, questionner tous les collègues autour
de moi, et relire tous les documents sur la zone que j’ai à ma disposition.
Ma semaine a aussi été tranquille
car toute la ville était mobilisée pour l’organisation de la journée nationale
du paysan où même Blaise, le président du Burkina, était convié. Les seuls
évènements auxquels le grand public pouvait assister étaient les cérémonies
d’ouverture et de clôture mais il y avait tellement de monde qu’il était
impossible d’y voir quelque chose ! Donc bref, je me suis quand même
autorisée un vendredi AM de congé pour essayer d’y assister et après, on a
décidé de fuir la ville car tous les gros pick-up des participant et la trop
grande foule dans la ville nous rendaient fou. Donc on s’est sauvé pour passer
la fin de semaine à Bobo, fin de semaine qui a vite été écourtée avec mon
système digestif qui s’est révolté. Bref, on est rentré à Banfora samedi pour
me rétablir. Mais ça va déjà mieux. Donc une fin de semaine un peu tranquille mais qui est toujours
agréable à passer en amoureux ! Et oui, ça va super bien avec Karim, la
cohabitation se passe bien et il m’a soigné aux petits oignons.
Donc voilà pour les nouvelles des dernières semaines, un roman fidèle à mes habitudes. En espérant que ma vie routinière ne soit pas trop ennuyante. J’attends les anecdotes croustillantes et je me ferai un plaisir de vous les partager.
D’ici là n’hésitez pas à me donner des nouvelles ou à consulter le blog pour la reconstruction de la maison de mon ami IB qui nous a d’ailleurs fait une petite visite surprise à Banfora la semaine dernière. Il a déploré la petite taille de notre table et va sans doute nous en construire une plus grande sous peu ! haha ! Il va très bien et était trop reconnaissant pour le blog. Je vais le mettre à jour tout à l’heure avec ses nouveaux projets dont il m’a fait part. Voici donc le lien encore : toussiana4419.blogspot.com
Gros bisous à tous. Je vous envoie plein de soleil pour encourager le printemps à s’installer.
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