lundi 29 avril 2013

Enfin des nouvelles...

Maintenant plus de trois semaines que je suis au Burkina Faso et enfin de vraies nouvelles… Bon c’est pas que je vous néglige, mais j’attendais d’avoir des trucs intéressants à raconter. Comme mes premiers jours à Ouagadougou ont été plutôt tranquilles dans la routine de la petite vie familiale de Karim, ben je vous ai épargné les détails. Et je vous avoue que même installée à Banfora depuis presque 2 semaines, mon stage commence très, très tranquillement, au rythme africain quoi !

Mais revenons en arrière un peu : j’ai quitté Ouaga vers ma nouvelle vie dimanche il y a 2 semaines. J’ai d’abord fait un dodo à Bobo-Dioulasso, deuxième ville en importance au Burkina Faso, située à une centaine de km de Banfora, mon nouveau chez moi. C’est aussi à Bobo (diminutif de Bobo-Dioulasso que j’utiliserai à présent dans tous mes messages question de simplifier le tout) que se situe le siège de l’organisation qui me reçoit, GE-eau ou l’APEFE, c’est encore un peu confus, mais les 2 sont financés par la Belgique. On a été accueillis à la gare par Joost, un sympathique flamand qui sera mon boss et coordonnateur de stage. Il nous invite un peu chez lui et on fait la connaissance de ses adorables petites filles métisses qui n’ont vraiment pas leur langue dans leur poche : « Mon papa il sait parler toutes les langues, allez papa, parle chinois ! », « voici le calendrier des activités que l’on fera quand on ira chez nos grands-parents : pic-nic, vélo, balade en forêt, etc. » ou alors « vous n’êtes pas mariés ! Pourquoi ? Où est-ce que ce sera ? Nous on va venir ! »… haha ! très divertissantes en tout cas les petites.

Après une journée et soirée tranquille à Bobo chez un ami de Karim, on part vers notre nouvelle maison pour les 4 prochains mois, escortés par Joost, son chauffeur et un gros pick-up de projet transportant tous nos biens : un frigo, un poêle au gaz, une bonbonne, un matelas, une table et 2 chaises, le nécessaire quoi ! En fait, un vrai luxe comparativement à ce que j’avais dans tous mes séjours précédents. Et honnêtement, notre maison est parfaite ! C’est tout neuf, nous sommes les premiers à y habiter. Elle est plutôt grande : 2 chambres, un grand salon-salle à manger, une cuisine et 2 salles de bain, un grand 4 ½ selon nos repères québécois. Mais le tout paraît encore plus grand considérant qu’on n’a aucun meuble… Nous sommes dans la même cours qu’une famille de burkinabé, presque plus française que burkinabé. La mère est originaire de Banfora et depuis sa retraite, elle construit des maisons, mais ses enfants ont tous grandi et habité toute leur vie en France et sont seulement ici en vacances. A la mi-fin juin, ils rentrent tous en France et nous serons seuls dans la cours. Mais honnêtement, ils sont très gentils et pendant les quelques jours où Karim s’est absenté, ce fut génial d’avoir un peu de compagnie. Madina, la Parisienne au sang burkinabé m’a fait découvrir les coins sympas de Banfora et m’a aussi accompagné pour ma première aventure au grand marché ! Autre élément essentiel à mon confort, il fait BEAUCOUP moins chaud qu’à Ouaga. On est sincèrement très bien et j’arriverais même à dormir sans ventilo. Mais bon, comme on a des ventilos dans chacune des pièces de la maison, on se permet aussi ce luxe !

Sinon, petite tranche de vie comique. Première soirée à Banfora, on a juste eu le temps de faire le ménage et de s’installer un peu mais on n’a pas le courage de cuisiner donc on se cherche un coin pour manger. On cherche un peu et on s’arrête à un endroit où il semblait y avoir assez de gens pour que ce soit bon. Une grosse dame (les gens appellent même le coin, « chez la grosse » !!!) qui prépare le poulet et le poisson braisé comme on les aime. On s’assoit là par pur hasard à côté de 2 filles blanches et d’un mec à rasta. On trouve la situation comique, mais encore plus quand j’entends leur accent québécois ! Première soirée à Banfora et je tombe sur 2 coopérantes d’Oxfam Québec, dont une a fait la maîtrise en environnement à Sherbrooke, une session d’échange à Arlon en Belgique et a un copain africain rasta… LOL ! Le monde est trop petit. Les filles sont vraiment sympathiques, Karim s’entend aussi très bien avec le camerounais rasta, et on s’est déjà revus quelques fois.

J’adore Banfora… une petite ville franchement plus grande que je croyais, que je parcours sur ma monture, soit ma mobylette ! haha ! Et oui, je conduis maintenant une petite moto. Comme Banfora est assez grande, me rendre au boulot à pied aurait été faisable mais compliqué, mais comme je vais devoir aller beaucoup sur le terrain, j’ai besoin d’un moyen de transport. Mais ne vous inquiétez pas, je suis très prudente et je porte mon casque en tout temps ! Côté boulot, ça va, mais tranquillement. Ma première semaine a été une formation sur le logiciel de système d’information géographique ArcGIS avec lequel j’aurai à travailler beaucoup dans le cadre de mon stage. J’assistais en fait à la formation offerte par le projet GE-eau auprès des différents acteurs du bassin versant de la Haute-Comoé. Il y avait donc différents représentants des Directions régionale et provinciale de l’eau et de l’agriculture (très récemment séparé en 2 ministères donc je ne sais plus exactement qui est dans quelle Direction entre hydraulique et agriculture), des agents du périmètre agricole irrigué, un représentant de la compagnie de sucre SOSUCO qui prend une bonne quantité de l’eau des réservoirs pour sa production, etc. Ma présence fut donc surtout pertinente pour connaître les gens avec qui je travaillerai plus que pour les apprentissages que j’ai faits car je connaissais déjà assez le logiciel. Mais ma 2e semaine a été encore plus tranquille. Disons que mis à part la journée sur le terrain que j’ai fait avec Joost pour connaître l’étendue du territoire du bassin versant et les endroits où on ira installer les stations hydrométriques, ça a été trop tranquille. Les stations vont servir à connaître le débit et la hauteur d’eau de la rivière afin de calculer approximativement la quantité d’eau avant la prise d’eau par la compagnie sucrière et pour les usages domestiques de Banfora, après la prise d’eau mais avant le périmètre agricole et enfin après le périmètre. Le but de mon stage est d’essayer de cartographier toutes ces informations et de développer des outils pour permettre au périmètre agricole de savoir un peu plus précisément la quantité d’eau dont il dispose pour l’irrigation. Mais je vous avoue que c’est encore très flou. L’équipe de GE-eau a réalisé un projet similaire dans le passé pour le bassin du Kou dans la région de  Bobo-Dioulasso, et considérant l’efficacité du projet, l’Etat s’y est intéressé et a voulu développer les mêmes outils pour le bassin de la Haute-Comoé. Les gens de la Direction régionale de l’agriculture ici à Banfora travaillent un peu sur le projet, mais l’équipe principale est basée à Bobo-Dioulasso. A ce que je comprends, je suis un peu comme les yeux de l’équipe de Bobo sur le terrain. Mais pour le moment, je m’invente encore un peu des tâches, soit apprendre à manipuler encore plus ArcGIS, questionner tous les collègues autour de moi, et relire tous les documents sur la zone que j’ai à ma disposition.  

Ma semaine a aussi été tranquille car toute la ville était mobilisée pour l’organisation de la journée nationale du paysan où même Blaise, le président du Burkina, était convié. Les seuls évènements auxquels le grand public pouvait assister étaient les cérémonies d’ouverture et de clôture mais il y avait tellement de monde qu’il était impossible d’y voir quelque chose ! Donc bref, je me suis quand même autorisée un vendredi AM de congé pour essayer d’y assister et après, on a décidé de fuir la ville car tous les gros pick-up des participant et la trop grande foule dans la ville nous rendaient fou. Donc on s’est sauvé pour passer la fin de semaine à Bobo, fin de semaine qui a vite été écourtée avec mon système digestif qui s’est révolté. Bref, on est rentré à Banfora samedi pour me rétablir. Mais ça va déjà mieux. Donc une fin de semaine  un peu tranquille mais qui est toujours agréable à passer en amoureux ! Et oui, ça va super bien avec Karim, la cohabitation se passe bien et il m’a soigné aux petits oignons.

Donc voilà pour les nouvelles des dernières semaines, un roman fidèle à mes habitudes. En espérant que ma vie routinière ne soit pas trop ennuyante. J’attends les anecdotes croustillantes et je me ferai un plaisir de vous les partager.

D’ici là n’hésitez pas à me donner des nouvelles ou à consulter le blog pour la reconstruction de la maison de mon ami IB qui nous a d’ailleurs fait une petite visite surprise à Banfora la semaine dernière. Il a déploré la petite taille de notre table et va sans doute nous en construire une plus grande sous peu ! haha ! Il va très bien et était trop reconnaissant pour le blog. Je vais le mettre à jour tout à l’heure avec ses nouveaux projets dont il m’a fait part. Voici donc le lien encore : toussiana4419.blogspot.com

Gros bisous à tous. Je vous envoie plein de soleil pour encourager le printemps à s’installer.

vendredi 12 avril 2013

Un blog? Pourquoi pas…

Mes dernières années ont été un peu mouvementées et j’en viens à un moment où je crois qu’il serait bien de faire le point sur toutes les expériences que j’ai eu la chance de vivre. Ne vous inquiétez pas, je vous épargne les réflexions. Mais je me dis que tenir un blog pourra m’aider à garder le fil sur mes aventures et m’aider à m’en souvenir dans quelques années.

 
Mai – Août 2012 : Burkina Faso

Donc par où commencer? Peut-être un petit retour rapide sur ma vie question de mettre à jour tout le monde que je n’ai pas eu l’occasion de croiser dans les dernières années. Bref, la dernière fois où j’écrivais un de mes fameux massmail de voyage, il y a un peu moins d’un an, je commençais un mandat d’accompagnatrice d’un groupe de stagiaires Québec sans frontières au Burkina Faso. Étant entourée d’un groupe de Québécois et faisant beaucoup trop d’activités d’introspection et de coup de cœur et coup de masse sur les évènements que chacun vivait, je ne prenais pas autant de plaisir à vous raconter ce que je vivais… bref, je vous ai pas mal négligé. Mais je pourrais résumer mon séjour au Burkina en quelques points saillants :

-        J’ai célébré la fête du Canada pour la première fois de ma vie,  j’ai pris des photos avec l’ambassadeur et j’ai été interviewée par plusieurs radio et journaux. Ces derniers n’ont pas manqué d’inventer mes paroles mais de très bien citer mon nom avec ma photo : « La citoyenne canadienne Amélie St-Amant-Ringuette était ÉMUE de célébrer sa fête nationale… blablabla! »

-        J'ai eu la chance de faire un discours sur l’environnement au Québec devant Mme la Gouverneure de la région du centre-sud (représentante du président).

-        J’ai joué au foot (soccer) avec des gars, africains, sur un vrai terrain, avec de la sonorisation, et des maillots, etc. J’étais pas mal rouillée mais ça l’air qu’une fille, blanche, sur un terrain de foot, peu importe son talent, c’est ben impressionnant! Haha!

-        Je suis tombée en amour… bon je vous entends dire que ce n’est pas surprenant! Mais cette fois-ci c’est le bon J. En tout cas, j’y crois. Seul le destin nous le dira!

-        Bref, j’ai découvert un pays fantastique dans lequel je retrouve le meilleur du Mali et du Togo, mes deux amours africains précédents : l’ouverture et la laïcité du Togo avec la musique et la culture malienne. Bon, c’est une comparaison très facile, mais c’est juste pour dire que je m’y sens très bien.

 Voilà pour les points saillants du stage. Somme toute, tout c’est bien passé, le groupe a été fantastique et notre projet stimulant. Un groupe du Carrefour Solidarité internationale du Saguenay Lac St-Jean doit venir réaliser la phase 2 du projet cet été, donc pour la durabilité, c’est rassurant!


 
Septembre 2012 – Février 2013 : Belgique

Le 13 août 2012, je rentrais au Québec pour un bref mois car dès le 11 septembre, je me ré-envolais, pour l’Europe cette fois-ci, pour une session de maîtrise en Belgique. C’était un programme de master complémentaire en gestion de l’environnement dans les pays en développement, soit exactement ce que j’avais besoin d’acquérir pour compléter ma formation de l’Université de Sherbrooke. Bon, la pédagogie était un peu trop magistrale selon mes critères québécois, mais j’ai eu la chance de toucher à beaucoup de sujets très techniques qui me seront utiles pour mes projets en Afrique (Gestion participative des ressources en eau, agrométéorologie, télédétection, climatologie, prévision de rendement agricole, etc.) et de manipuler plusieurs logiciels informatiques, notamment le fameux ArcGIS avec lequel je devrai travailler dans le cadre de mon présent stage.

Les grands points positifs de ma session en Belgique, en plus des belles amitiés québécoises que j’ai pu renforcer, ont été les opportunités de voyages européens ainsi que le formidable réseau de contacts que j’ai pu développer. L’Université de Liège offre de nombreuses bourses pour permettre à des étudiants du Sud de venir étudier en Belgique. Le campus d’Arlon où nous étions, soit le campus d’environnement, était très petit et ne comportait qu’une centaine d’étudiants, dont pas loin de la moitié était africain. Seulement dans notre programme, nous étions 21 étudiants : 6 québécois, 2 belges, 1 haïtien et tout le reste africain. La plupart provenait d’Afrique de l’Ouest. Nos professeurs étaient d’ailleurs assez spécialisés sur cette région de l’Afrique, principalement le Burkina Faso, alors j’étais aux anges. J’ai développé de très bons liens avec mes collègues, de futurs leaders en environnement dans leurs pays, enfin je l’espère bien. C’est aussi par l’entremise d’un de mes enseignants que j’ai pu trouver mon présent stage au Burkina Faso.

 

Février – Mars 2013 : Québec

Je suis rentrée au Québec le 8 février où j’y ai passé presque deux mois au cours desquels, mis  à part une grosse bronchite de 3 semaines, j’ai pu profiter  un peu de l’hiver québécois. J’ai à peu près terminé mes cours de maîtrise mais il me reste encore un gros morceau, mon stage et mon essai. Donc c’est ce à quoi j’ai essayé de me concentrer. Le stage que je réaliserai au Burkina Faso est un projet mené par l’Université de Liège par rapport à la gestion de l’eau agricole. Grosso modo, le projet a déjà été réalisé dans un premier bassin versant et ça a été un vrai succès. Alors il est reproduit à l’échelle d’un autre bassin versant, soit celui de la Haute-Comoé, près de la ville de Banfora où je serai basée. Le projet va durer plusieurs années donc je  ne sais pas encore exactement à quel niveau je vais intervenir, mais je crois que ce sera beaucoup de télédétection, soit faire un recensement et cartographier les différents utilisateurs de l’eau. La région est très arrosée et il y a beaucoup d’irrigation. Toutefois, la quantité d’eau disponible ne suffit pas à tous les besoins. Donc le but du projet est d’améliorer cette gestion de l’eau, renforcer le pouvoir des différents organismes locaux responsables de la gestion de l’eau, de sensibiliser les agriculteurs à une utilisation plus rationnelle, etc. Mais plus de détails viendront au fur et à mesure que je m’intègrerai dans le projet.

Donc voilà, 2 avril 2013, je m’envole pour mon troisième  séjour burkinabé (j’y ai passé les fêtes, j’ai oublié de le mentionner dans la section belge) avec Air Algérie. Après une escale de plus de 12h a Alger, je retrouve enfin Karim et la chaleur étouffante de Ouagadougou. Le mois d’avril est TELLEMENT chaud, 40-45°C. Méchant choc thermique! La suite de mes aventures viendra dans ce blog. Au plaisir de partager mes aventures avec vous…